La Sclérose En Plaques (SEP)

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Qu'est-ce que c'est ?

C'est une maladie inflammatoire et auto-immune du système nerveux central, c'est à dire du cerveau et de la moelle épinière. A l'origine de cette pathologie, il existe une destruction progressive de la gaine de myéline, une sorte de manchon qui entoure les neurones et qui permet la conduction rapide des informations nerveuses.

C'est une maladie chronique évoluant par poussées. En général (60% des cas), il n'y pas d'invalidité après 15 ans de maladie.

Il existe différentes formes dont la principale est dite rémittente c'est à dire qu'entre les poussées, le patient récupère complètement. Les autres formes sont dites progressives soit d'emblée soit après une quinzaine d'années de forme rémittente et c'est à ce moment là que le handicap apparait.

Elle semble toucher plus de femmes que d'hommes (17 femmes pour 10 hommes) et débute souvent entre 20 et 40 ans.

La cause est mal connue. Des facteurs environnementaux mais aussi génétiques sont en jeu.

Remarque : il n'y a aucune preuve scientifique démontrant un lien entre la vaccination contre l'hépatite B et le développement d'une sclérose en plaques et compte tenu de la gravité de cette maladie, la vaccination est fortement recommandée.

 

Quels sont les symptômes ?

Les signes peuvent être très variés.

  • Troubles moteurs : contractures musculaires, faiblesse musculaire, paralysies.
  • Troubles sensitifs : sensations de piqûres, brûlure de la peau, douleurs, insensibilité des membres...
  • Troubles oculaires : baisse de la vision, vision floue, ou double.
  • Troubles de la continence urinaire.
  • Difficultés d'attention, de concentration, troubles de la mémoire, fatigue et risque de dépression...

 

Quels sont les différents traitements ?

Le traitement des poussées :

Lors d'une poussée, le patient est généralement hospitalisé pendant 3 jours pendant lesquels on lui administrera des corticoïdes à fortes doses, qu'il continuera pendant quelques temps à plus faibles doses à la maison.

Les traitements de fond :

Après chaque poussée, les médecins vont évaluer la nécessité d'instaurer ou non un traitement dit de fond.

Il s'agit de médicaments qui permettent de moduler plus ou fortement le système immunitaire afin de ralentir l'évolution de la sclérose en plaques et de diminuer le nombre de poussées.

Le traitement de première intention est appelé interféron et est en général injecté une fois par semaine.

La tolérance aux interférons est habituellement bonne. Lors des premiers mois de traitement, de nombreux patients présentent un syndrome pseudo-grippal après les injections, qui associe de la fièvre, des courbatures, des frissons, des sueurs, une fatigue, symptômes réagissant bien aux médicaments antalgiques antipyrétiques habituels.

Ces traitements se prennent le plus souvent par voie injectable mais de nouveaux médicaments en comprimés font leur arrivée ces dernières années ce qui permet de faciliter le quotidien.

Enfin, certaines formes de SEP nécessitent des traitements particuliers disponibles uniquement à l’hôpital.

Le traitement des symptômes associés :

La fatigue, les douleurs, l'anxiété, la dépression, les tremblements et mouvements anomaux, les troubles génito-urinaires, les troubles du transit...

Tous ces symptômes doivent être pris en charge de manière médicamenteuse ou non (kinésithérapie, aide psychologique, groupe de parole, diététique...) et ne doivent pas être négligés.

La spasticité :
Lorsque des difficultés à la marche surviennent à distance des poussées et que la distance de marche est diminuée, du Fampyra® (Fampridine) peut être proposé. Il s’agit d’un traitement par la bouche (un comprimé matin et soir à 12h d’intervalle à distance des repas) qui permet de faciliter la marche mais qui ne soigne pas la maladie elle-même. Il ne peut être prescrit que par un neurologue.

Tout ces traitements seront mis en place par un neurologue et en coordination avec les autres professionnels de santé. Il faut évoquer ces signes même s'ils semblent secondaires afin que la qualité de vie du patient n'en soit pas altérée.

 

Grossesse et Sclérose en plaques

Avec une SEP, une grossesse est possible et n’aggrave pas le handicap lié à la SEP. La seule précaution est de stopper le traitement pendant la grossesse et l'allaitement afin d'éviter tout risque pour l'enfant. Quant à l'enfant à naître, la SEP n'est pas une maladie héréditaire, ils ne développent donc pas à coup sûr un SEP même si le risque est un peu plus élevé que pour la population générale.

 

Conseils / aides :

La SEP et ses traitements sont fatigants, le patient doit se ménager des moments de repos et adapter sa vie à sa pathologie.

Néanmoins, le maintien d'une activité physique est primordial pour réduire ou retarder tout handicap.

Enfin, il faut songer à adapter le poste de travail et si nécessaire le domicile aux besoins du patient. Des aides sociales peuvent être proposées, et pour cela il faut contacter au plus tôt les MDPH (Maisons des Personnes Handicapées).

Pour tout cela, les professionnels de santé, les psychologues et les associations des patients seront des aides précieuses pour le patient et son entourage.